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Oi S.A. : un titre hautement spéculatif sous la pression des marchés et des créanciers

25.01.2026 - 13:53:10

Plombé par une restructuration sans fin et une dilution massive, le titre Oi S.A. reste ultra-volatil. Les investisseurs s’interrogent sur la valeur résiduelle pour les actionnaires dans un contexte de désendettement forcé.

Sur les marchés, Oi S.A., l’ancienne grande ambition des télécoms brésiliens, est désormais considérée comme un pur dossier spéculatif. Le titre, coté notamment en Allemagne sous la référence « Oi Aktie » (ISIN BROIBRACNOR1), évolue à des niveaux extrêmement déprimés, avec une capitalisation boursière qui reflète davantage un scénario de survie minimale qu’une véritable histoire de croissance. Les volumes restent toutefois significatifs, signe qu’une frange d’investisseurs continue de parier sur un rebond technique ou sur une issue plus favorable de la restructuration en cours.

Selon les données en temps réel consultées sur plusieurs plates-formes boursières européennes (dont Xetra/Francfort et d’autres systèmes multilatéraux de négociation), le titre Oi se traite actuellement autour d’un niveau de quelques centimes d’euro, après une série de séances marquées par une forte volatilité intraday. Sur les cinq dernières séances, la tendance a été globalement baissière, ponctuée de rebonds techniques souvent éphémères. Les flux de marché demeurent dominés par un sentiment plutôt négatif, dans un contexte où la priorité affichée par le groupe reste la préservation de la liquidité et la négociation avec les créanciers plutôt que la création de valeur à court terme pour les actionnaires existants.

Les différents fournisseurs de données de marché (agrégateurs boursiers internationaux et portails financiers grand public) convergent sur un même constat : la perception du risque de dilution supplémentaire et d’éventuelles nouvelles concessions aux créanciers écrase tout espoir de revalorisation durable à ce stade. La pression vendeuse, amplifiée par la présence de spéculateurs de court terme, maintient le titre dans une zone où les fondamentaux économiques classiques (multiples de bénéfice ou de flux de trésorerie) ne constituent plus une boussole pertinente.

Actualités Récentes et Catalyseurs

Récemment, l’actualité d’Oi S.A. a été dominée par la poursuite des démarches de restructuration financière et opérationnelle. Le groupe, déjà engagé de longue date dans un processus de désendettement, a intensifié ses discussions avec les créanciers afin d’ajuster son plan de continuation. Cette semaine, plusieurs sources de presse économique brésilienne et internationale ont fait état de nouvelles étapes procédurales, notamment des dépôts de documents auprès des tribunaux compétents et des réunions avec les principaux porteurs de dette pour adapter le calendrier et les modalités de remboursement.

Dans le même temps, Oi poursuit la cession progressive de certains de ses actifs non stratégiques pour renforcer sa trésorerie. Récemment, des informations de marché ont évoqué l’avancement de négociations sur des actifs d’infrastructure ou des participations minoritaires, dans la ligne de la stratégie déjà engagée visant à recentrer le groupe sur ses activités cœur. Chaque annonce potentielle de désinvestissement est scrutée de près par les investisseurs, car elle conditionne à la fois la capacité d’Oi à honorer ses engagements financiers et la structure future de l’entreprise, potentiellement plus petite mais, en théorie, plus rentable et moins endettée.

Un autre catalyseur suivi attentivement concerne la trajectoire opérationnelle du groupe dans ses segments télécoms résiduels – notamment les services fixes, la fibre et certaines activités de connectivité. Les dernières communications du management soulignent des efforts continus pour améliorer la qualité de service, réduire les coûts et stabiliser la base de clients. Toutefois, la visibilité demeure limitée, car le marché brésilien des télécoms reste extrêmement concurrentiel, avec des acteurs mieux capitalisés et technologiquement plus avancés. Dans ce contexte, les annonces sur l’évolution du parc d’abonnés, le chiffre d’affaires par segment et l’EBITDA ajusté seront des jalons-clés, susceptibles d’influencer la perception du marché à court terme, sans pour autant effacer le poids de l’endettement historique.

À court horizon, les catalyseurs principaux restent donc davantage financiers que purement industriels : validation ou ajustement du plan de restructuration par les tribunaux et les créanciers, résultats des négociations sur la dette, et rythme des cessions d’actifs. Toute avancée perçue comme réduisant le risque d’insolvabilité ou de liquidation ordonnée pourrait déclencher des mouvements haussiers violents, tant le titre est comprimé. À l’inverse, la moindre déconvenue procédurale ou un refus d’une catégorie de créanciers pourrait renforcer le scénario pessimiste, avec un risque de dilution supplémentaire, voire d’extinction quasi totale de la valeur pour les actionnaires existants.

L'Avis des Analystes et Objectifs de Cours

Les rares analystes internationaux qui suivent encore Oi S.A. adoptent pour la plupart une posture extrêmement prudente. Les grands courtiers mondiaux et les grandes banques d’investissement n’intègrent plus le titre dans leurs listes de recommandations phares, le jugeant trop risqué et insuffisamment liquide au regard des standards institutionnels. Les quelques notes d’analyse publiées récemment, relayées par la presse spécialisée et les agrégateurs de consensus, mettent presque unanimement en avant un profil risque/rendement déséquilibré, avec des scénarios centraux peu favorables aux actionnaires existants.

Les recommandations disponibles se concentrent essentiellement sur deux notations : « Vendre » ou « Conserver » pour les investisseurs déjà exposés. Certaines maisons de recherche, y compris des filiales de banques internationales actives au Brésil, considèrent que le titre reste surévalué au regard du risque de restructuration additionnelle, et recommandent de réduire ou solder la position en l’absence de signes tangibles de stabilisation opérationnelle. D’autres, parfois plus spécialisées dans le suivi des situations spéciales et du distressed debt, adoptent un avis plus nuancé : elles estiment que, compte tenu du niveau de cours extrêmement bas, le potentiel de rebond spéculatif existe, mais qu’il s’accompagne d’une probabilité élevée de perte quasi totale du capital investi.

Les objectifs de cours publiés récemment, lorsqu’ils sont chiffrés, se situent dans une fourchette très basse, généralement proche des niveaux actuels, traduisant une absence de conviction sur la capacité du titre à générer une performance supérieure au marché. Certains bureaux d’analyse préfèrent ne plus fournir d’objectif de cours chiffré, soulignant que l’issue des procédures de restructuration, par nature binaire, rend l’exercice de valorisation classique quasi caduc. La valorisation, expliquent-ils, dépendra in fine de la structure capitalistique qui émergera après les éventuelles conversions de dette en actions, les nouvelles augmentations de capital et les cessions d’actifs envisagées.

De fait, le consensus de marché sur Oi S.A. est aujourd’hui moins une question de target price qu’une question de scénario. Le scénario optimiste repose sur une exécution sans accroc du plan de désendettement, un maintien de la base clients dans la fibre et les services à plus forte marge, et la capacité du groupe à redevenir générateur de trésorerie. Dans cette hypothèse, certaines notes évoquent un potentiel de revalorisation significatif à moyen terme, mais sans ignorer l’énorme dilution nécessaire pour restaurer un bilan viable. Le scénario défavorable, majoritaire chez les investisseurs institutionnels, place en revanche la priorité sur la protection des créanciers, laissant aux actionnaires seulement une fraction résiduelle de la valeur, voire rien en cas de restructuration très profonde.

Perspectives Futures et Stratégie

La stratégie d’Oi S.A. pour les prochains mois s’articule autour de trois axes : la réduction de l’endettement, la simplification du périmètre d’activité et la focalisation sur les segments télécoms à plus forte valeur ajoutée. Sur le volet financier, la direction continue de travailler à un calendrier de désendettement compatible avec la génération de trésorerie anticipée et avec les contraintes réglementaires et judiciaires. Cela implique, dans la pratique, d’accepter des conditions parfois strictes imposées par les principaux créanciers, y compris sous la forme de conversions de dette en capital et de clauses de gouvernance renforcées.

Sur le plan industriel, Oi cherche à se repositionner comme un acteur plus agile, moins capitalistique, centré sur les réseaux de nouvelle génération, en particulier la fibre optique, et sur des solutions de connectivité avancée pour entreprises et particuliers. La logique est de sortir progressivement des segments historiques les plus intensifs en capital et les moins rentables, pour concentrer les ressources sur les zones géographiques et les lignes de produits où le groupe dispose encore d’implantations significatives et d’un avantage concurrentiel local. Cette stratégie reste toutefois dépendante du financement disponible, lui-même conditionné par la confiance retrouvée – ou non – du marché et des créanciers dans la capacité du management à exécuter le plan.

Pour les investisseurs, la question centrale est de savoir si Oi parviendra à atteindre un point d’inflexion où la dynamique opérationnelle (croissance de la fibre, stabilisation du chiffre d’affaires, amélioration de l’EBITDA) prendra le relais des seuls leviers financiers. Tant que l’essentiel de la communication de la société restera dominé par les étapes de la restructuration et par les annonces de cession d’actifs, le titre aura du mal à se détacher de son statut de situation spéciale à risque élevé. Des signaux concrets de retour à la croissance rentable – par exemple une amélioration durable de la marge opérationnelle dans la fibre ou un reflux sensible des besoins de financement externe – seraient nécessaires pour convaincre des investisseurs de long terme de revenir sur le dossier.

Dans ce contexte, le profil d’investissement d’Oi S.A. demeure celui d’un pari binaire, réservé à des investisseurs pleinement conscients des risques de dilution extrême et de perte en capital. Les opérateurs de court terme peuvent être tentés par les mouvements brusques que le titre enregistre à chaque rumeur ou annonce procédurale, mais cette volatilité élevée constitue un risque en soi. Pour un investisseur institutionnel ou un actionnaire particulier à la recherche de visibilité et de prévisibilité, la prudence reste de mise tant que le nouveau modèle économique et la structure de capital définitive n’auront pas été clairement établis et validés par les chiffres.

En définitive, Oi S.A. illustre de manière emblématique les dilemmes posés par les restructurations profondes dans les télécoms : comment financer la transition technologique, tout en gérant un héritage d’endettement massif et un environnement concurrentiel impitoyable. Le marché, pour l’instant, répond par une forte décote et un scepticisme assumé. Seule une exécution sans faille du plan stratégique, accompagnée d’une amélioration tangible des indicateurs opérationnels, pourrait progressivement inverser la tendance et redonner au titre un statut autre que celui d’un simple instrument de spéculation.

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