Ereli, Demir

Ere?li Demir ve Çelik (Erdemir) : le titre galvanisé par le rebond de l’acier turc

26.01.2026 - 09:29:03

L’action Erdemir profite d’un regain d’intérêt pour l’acier turc, portée par la remontée des prix, un pipeline de projets solide et un discours stratégique plus offensif sur la montée en gamme.

Sur la place d’Istanbul, Ere?li Demir ve Çelik Fabrikalari (Erdemir) s’impose à nouveau comme l’un des baromètres clés du sentiment de marché sur le secteur sidérurgique turc. Le titre évolue aujourd’hui autour de 44 TRY, après un dernier cours de clôture relevé entre 43,5 et 44 TRY selon les plateformes de marché (données Borsa Istanbul, Yahoo Finance et Investing.com, consultées dans l’après?midi, heure d’Europe centrale). La trajectoire sur les cinq dernières séances ressort globalement haussière, soutenue par un flux d’achats réguliers et un volume échangé au?dessus de la moyenne récente, ce qui traduit un biais plutôt acheteur malgré une volatilité encore marquée.

Les investisseurs saluent à la fois la résilience opérationnelle du premier sidérurgiste coté du pays et la perspective d’une normalisation progressive des prix de l’acier sur les marchés internationaux. Le consensus s’oriente vers un scénario de reprise graduelle de la demande dans la construction, l’automobile et l’électroménager, segments où Erdemir est particulièrement exposé. Dans ce contexte, le titre bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des institutionnels, même si une partie du marché demeure prudente face aux risques macroéconomiques turcs et aux coûts énergétiques encore élevés.

Actualités Récentes et Catalyseurs

Récemment, plusieurs éléments ont servi de catalyseur au mouvement de hausse du titre. D’abord, les indications fournies par le management lors des dernières communications financières ont confirmé un redressement progressif des marges, grâce à une combinaison de hausses de prix sur certains produits plats et longs et d’une meilleure discipline sur les coûts de production. Les opérateurs soulignent en particulier l’amélioration du mix produit, avec une part plus importante de produits à plus forte valeur ajoutée destinés aux secteurs automobile et industriel.

Cette semaine, les marchés ont également réagi positivement à des informations de presse spécialisées évoquant une stabilisation, voire un léger raffermissement, des prix de référence de l’acier en Europe et en région MENA. Erdemir, qui exporte une partie de sa production, profiterait ainsi d’un environnement moins déflationniste sur les prix, alors même que la demande intérieure turque montre des signes de reprise dans l’infrastructure et le résidentiel. Plusieurs courtiers locaux cités dans la presse financière turque relèvent que les commandes à l’export sont en amélioration séquentielle.

Autre facteur de soutien : les annonces autour des projets de modernisation et de décarbonation des sites de production. Ces derniers jours, des détails supplémentaires ont été apportés sur les investissements planifiés dans des équipements plus efficaces sur le plan énergétique, ainsi que sur des initiatives visant à accroître l’utilisation de ferraille recyclée et à réduire l’intensité carbone par tonne produite. Même si le calendrier de déploiement reste étalé sur plusieurs années, le marché perçoit ces efforts comme indispensables pour préserver l’accès aux marchés européens, de plus en plus encadrés par les dispositifs de type CBAM (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE).

L'Avis des Analystes et Objectifs de Cours

Le regard des analystes sur Erdemir s’est raffermi au cours des dernières semaines, dans le sillage de la reprise graduelle des prix de l’acier et d’un discours d’entreprise plus tourné vers la montée en gamme et la discipline d’investissement. Selon les agrégateurs de données boursières internationaux consultés (dont Yahoo Finance et Investing.com), la majorité des analystes suivent désormais le titre avec une recommandation comprise entre "Achat" et "Conserver", traduisant un biais globalement positif mais tempéré par les aléas macroéconomiques turcs.

Les rapports de recherche récents d’établissements internationaux tels que JPMorgan, HSBC et Goldman Sachs mettent en avant plusieurs points : une position de coûts compétitive dans la région, un bilan jugé robuste pour le secteur, et un profil de dividende potentiellement attractif une fois la phase actuelle d’investissements lourds passée. Les objectifs de cours publiés par ces grandes maisons se situent, en moyenne, dans une fourchette qui valorise le titre entre 15 % et 30 % au?dessus des niveaux actuels, en supposant un environnement de prix de l’acier se maintenant sur les niveaux observés récemment et une normalisation graduelle des coûts de l’énergie.

Les analystes locaux, notamment ceux des grandes banques turques et des courtiers d’Istanbul, se montrent parfois plus prudents. Certains intègrent dans leurs modèles des scénarios de volatilité accrue de la livre turque et de resserrement financier domestique, facteurs susceptibles de peser sur la capacité de certains segments clients à absorber de nouvelles hausses de prix. Cette prudence se reflète dans quelques avis de type "Conserver", accompagnés d’objectifs de cours plus proches des niveaux actuels, voire avec un potentiel limité à un chiffre. Néanmoins, même ces analyses modérées reconnaissent la qualité des actifs d’Erdemir, sa taille critique et sa capacité à générer du cash-flow en phase de cycle plus favorable.

Un point d’attention commun ressort des différents rapports : la sensibilité du titre aux décisions de politique industrielle et commerciale, tant en Turquie qu’à l’international. Les experts interrogés dans la presse anglo?saxonne évoquent notamment le risque de nouveaux ajustements de droits de douane ou de quotas à l’importation sur certains marchés cibles d’Erdemir, en particulier en Europe. Ces scénarios, pour l’instant considérés comme des risques de second ordre, sont néanmoins intégrés dans les analyses de sensibilité et expliquent en partie pourquoi les multiples de valorisation restent en deçà de ceux de certains sidérurgistes européens.

Perspectives Futures et Stratégie

Pour les prochains mois, la trajectoire d’Erdemir va se jouer à la fois sur la dynamique des prix de l’acier, la robustesse de la demande domestique et la capacité du groupe à exécuter sa stratégie d’investissement sans dégrader significativement son profil financier. Le management a réaffirmé son intention de poursuivre un plan de capex conséquent, orienté vers la modernisation des installations, l’augmentation progressive des capacités sur certains produits plats et la réduction de l’empreinte carbone de la production. Ce plan vise clairement à positionner Erdemir comme un fournisseur incontournable de l’industrie automobile et de l’électroménager, y compris pour les chaînes de valeur intégrées à l’Union européenne.

La stratégie passe également par un renforcement de la présence à l’export sur des marchés où la croissance de la demande en acier reste structurellement supérieure à celle de l’Europe de l’Ouest. Les pays de la région MENA, ainsi que certains marchés africains et asiatiques, figurent en bonne place dans le discours stratégique de la direction. Pour les investisseurs, cette diversification géographique est perçue comme un facteur de réduction du risque, dans la mesure où elle atténue la dépendance vis?à?vis de la seule conjoncture turque, souvent volatile.

En parallèle, la montée en puissance des exigences environnementales redessine les contours de la compétitivité dans la sidérurgie mondiale. Erdemir met en avant une trajectoire de réduction de ses émissions par tonne produite, s’appuyant sur des investissements dans des procédés plus efficients et dans une meilleure intégration de la ferraille. À moyen terme, la capacité du groupe à livrer un acier à plus faible empreinte carbone pourrait devenir un argument commercial décisif auprès d’industriels eux?mêmes soumis à des contraintes de reporting ESG de plus en plus strictes, notamment en Europe. Les investisseurs institutionnels, sensibles à ces thématiques, surveillent de près la crédibilité et la mise en œuvre de cette feuille de route.

Pour les actionnaires, la question de la politique de dividende restera un sujet clé. Tant que la phase actuelle d’investissement se poursuit, la priorité affichée demeure le financement des projets de croissance et de modernisation. Toutefois, plusieurs analystes estiment que la génération de cash-flow d’Erdemir, si les prix de l’acier se maintiennent dans la zone actuelle, pourrait permettre de combiner capex élevés et distribution de dividendes significatifs. Les scénarios les plus optimistes tablent sur un rendement du dividende de l’ordre de quelques pourcents, ce qui placerait le titre dans la catégorie des valeurs de rendement attrayantes sur la Borsa Istanbul.

À plus court terme, la volatilité du dossier restera probablement élevée, au gré des annonces de prix de référence de l’acier, des publications trimestrielles et des signaux macroéconomiques en Turquie. Les investisseurs les plus prudents continueront de considérer Erdemir comme un pari cyclique, nécessitant une tolérance au risque et un horizon de placement suffisamment long pour absorber les à?coups de marché. Pour les acteurs plus offensifs, le titre offre un levier direct sur un scénario de normalisation du cycle de l’acier, avec en toile de fond une transformation stratégique orientée vers la montée en gamme, la décarbonation et la diversification géographique.

Dans ce contexte, l’action Erdemir apparaît comme un instrument privilégié pour s’exposer à la fois au rebond industriel turc et aux grandes mutations du secteur sidérurgique mondial. Entre potentiel de revalorisation et aléas macroéconomiques, le dossier s’impose plus que jamais comme un cas d’école de valeur cyclique à suivre de près par les investisseurs avertis.

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